En 2004, "36 quai des orfèvres" nous avaient redonner goût au film noir français. Olivier Marchal revient avec une oeuvre plus sombre, plus torturée, et plus personnel encore.
MR73
De Olivier Marchal
Je sort tout juste de la salle obscur et que dire de ce film; cela faisait longtemps que moi et d'autres attendaient pareil chef d'oeuvre, un film français qui puisse surclasser les classiques du genre américains. Tout d'abord, le scénario d'une grande intelligence est exploité à merveille, nous dressant le portrait d'un flic fatigué, au passé obscur, cherchant à régler les comptes au travers d'une enquête inachevée vieille de 25 ans. Aucun détail n'est fortuit, chaque éléments faisant avançait le personnage vers de nouveaux périples. Et c'est à force de revers douloureux, de claques dans la gueule que Louis Schneider progresse inexorablement vers un dénouement à sa manière, plus personnel mais non pas moins juste. Là où certains auraient tout fait sauter pour une fin plus hollywoodienne, Marchal fait preuve d'une retenue remarquable.
Ce film est également une réussite d'un point de vue visuel. L'utilisation de la lumière sur-exposée, ou très contrasté nous donne le ton; la photo somptueuse, nous montre la cité Marseillaise sous un angle nouveau. La pluie omniprésente nous souligne la noyade psychologique du personnage, rappelant au passage un certain Sev7n.
Mais la réussite du film doit beaucoup à l'interprétation des acteurs. Olivia Bonamy toute en sobriété et justesse et bien entendu Daniel Auteuil, qui nous livre ici une de ses plus belles composition, en flic fracassé et alcoolique.
Cette oeuvre n'est pas pour autant imperfectible, la présence de gros bolides américains et quelques longueurs alimenteront le crachoir de certaines mauvaises langues mais ces petites incohérences n'entravent en rien le plaisir que procure ce film.
Pour les amateurs du genre, à ne pas manquer. En tout cas pour moi, c'est un grand bravo et merci que j'adresse à Olivier Marchal.
Découverte
Olivier Marchal
Ancien inspecteur de la PJ dans la brigade de nuit, il suivra en parallèle des cours de théâtre pendant plusieurs années. Il délaissa sa plaque pour la télévision, fatigué de ce milieu, de ces expériences qui le hanteront longtemps. Il commence à enchaîner des seconds pour la télévision, ceci lui permettant de se faire quelques relations. Il passe derrière la caméra en 2002, et avec "Truands", entame sa triptyque sur la solitude et l'errance. Mais c'est en 2004 avec "36" qu'il est reconnu du public et unanimement salué par la presse. Un temps, il voulu se consacrer à quelque chose de plus léger, mais ses vieux démons l'ayant rattraper il écrit et réalise MR73. Le scénario fut en effet inspiré de son vécu de policier et le film fut pour O. Marchal une façon de faire un trait sur le passé.
Anecdotique :
-Depardieu fut un temps pressenti pour avoir le rôle principal mais ce fut Daniel Auteuil qui se manifesta le premier.
-Les lunettes de soleil que porte Louis Schneider dans le film ont étaient faites sur mesure pour Daniel Auteuil et il faut avouer qu'on les lui piquerait bien.
-Olivier Marchal aurait voulu que Belmondo fasse parti du casting mais pour des raisons de santé l'acteur, déclina l'offre
Comments
En passant, je suis d'accord avec ton analyse sur MR73.
Bonne journée
:)
Malgré tout cette orgie de talent littéraire, je n'irais pas voir ce film. Auteuil et le cinéma français über déprimant, n'est pas pour moi en ce moment.