Le dernier long-métrage de James Mangold, remake du western devenu classique "3h10 to Yuma" avait de quoi être alléchant; son casting prestigieux, la présence au générique de Peter Fonda, tenant du rôle titre dans la version originale. Alors qu'en est-il?
3h10 pour Yuma
de James Mangold
★★★☆
Dan Evans, estropié pendant la guerre de Sécession, tient une exploitation agricole isolée avec sa famille. Les dettes s'accumulent et quand Ben Wade, gentleman cambrioleur, se fait capturer dans la ville voisine, Evans propose ses services moyennant 200$, pour escorter le criminel jusqu'au train de 3h10 a destination de la prison de Yuma de façon à regagner l'estime de son fils. Mais celui-ci, intrigué par l'aura mystérieux du bandit suit son père à travers l'ouest américain malgré le désir des sbires de Wade de libérer leur chef.
James Mangold, tire du script original ses thèmes de prédilections : des personnages plein de contractions, repliés sur eux-mêmes. Aussi cette simple escorte se transforment en affrontement psychologique et physique entre les deux hommes, faite de haine, d'incompréhension et de respect mutuel. Ce film d'une grande richesse thématique, sait ménager son sens de l'intrigue, distillant scènes d'actions et passage plus intimiste où ces hommes sans foi ni loi laisse transparaître un côté plus humain et vulnérable. Dans le rôle de Ben Wade, personnage charismatique et fascinant, le choix de Russell Crowe se fait évidant. Bien que l'acteur ne se fatigue pas trop, sa seule présence suffit à convaincre. Christian Bale, toujours à l'aise dans les personnages complexes et sombre, fait le nécessaire mais l'acteur qui fait impression ici est Ben Foster, déjà remarqué dans "Alpha Dog", y campe un Charlie Prince tout en nervosité et prestance. Au delà de ça, la mise en scène soigné dans ce cadre sec et âpre colle parfaitement au sujet. Le tout offre un divertissement de qualité plus à considérer comme un hommage qu'à un renouveau de genre mais dans un contexte où la production de western se veut soit intello, soit mauvaise, ce film propose un bon compromis pour les amateurs du genre.
En salle le 26 mars